assistant religieux dans les fraternités dominicaines

Je suis assistant religieux auprès des fraternités laïques dominicaines. Cette demande m’a conduit à reprendre la lecture et l’étude des documents concernant les fraternités. Ce fut pour moi l’occasion de relire le livre de Catherine Masson (Des laïcs chez les Prêcheurs, Cerf, 2016), et d’en découvrir et redécouvrir toutes ses richesses. À partir de ce livre et des documents de l’Ordre, j’ai établi ce bref résumé. Il définit la place des fraternitéslaïques dans l’Ordre, et le rôle de l’assistant.
Concernant les fraternités, un dépoussiérage s’est avéré nécessaire. Pour le vocabulaire, d’abord, on ne parle plus de tiers-ordre, mais de fraternité. Comme on a abandonné les termes de premier, de second ou de tiers-ordre. On ne parle plus de profession, mais d’engagement (d’abord temporaire, puis définitif). Celui-ci n’est pas un vœu, mais une promesse « de vouloir vivre selon la règle des laïcs de saint Dominique ». Le directeur devient l’assistant (l’aumônier), le prieur le responsable de la fraternité (dit parfois le président), le maître des novices le responsable de la formation, le postulant, le candidat. Dans la règle de Montréal (juin 1985),
pour la première fois, les seuls laïcs ont pris en main l’élaboration d’une nouvelle charte fondamentale. L’assistant religieux peut être un frère, une sœur, ou un laïc. Sa fonction est d’ordre doctrinal et spirituel.
Il (elle) est nommé(e) par le prieur provincial, après avis du promoteur provincial et du conseil local des laïcs. C’est le ou la responsable laïc de la fraternité qui procède, avec l’assistant religieux, à la réception du candidat ou qui recevra, également
avec l’assistant religieux, son engagement temporaire ou définitif.
La participation à une vocation commune entraîne la solidarité de tous et lie chacun au service de la mission de l’Ordre selon une réciprocité nécessaire. La diversité n’est donc pas fondée sur quelque inégalité entre les membres des diverses branches de la famille, mais plutôt sur le fait que la mission de l’Ordre est remplie grâce à des ministères différents qui s’accomplissent grâce à une collaboration mutuelle et complémentaire.
C’est ce que confirme Bruno Cadoré, le Maître de l’Ordre : « Nous tous, membres de la famille dominicaine, sommes envoyés ensemble pour servir la conversation de Dieu avec le monde en annonçant l’Évangile de la paix ». La notion de « famille dominicaine » n’est ainsi pas seulement une manière de dire les convergences entre plusieurs groupes ayant un même propos. Elle exprime aussi un mode d’évangélisation et, de ce point de vue,les laïcs dominicains sont un rappel de cette exigence enracinée dans l’Évangile […]- constituée
par ce lien organique entre l’évangélisation et la contemplation de la vérité qu’est la Parole vivante
venue dans le monde, ce que nous tâchons de décliner sous les trois formes que sont la prière, l’étude et la fraternité, de manière spécifique selon l’état de vie de chacun. J’ai toujours trouvé de la joie dans ma fonction d’assistant. Et aussi beaucoup appris, en matière de courage, de patience et de fraternité. Les quelques enquêtes faites auprès des fraternités montrent combien les membres sont impliqués dans leurs paroisses, dans des associations multiples, dans des engagements sociaux locaux. Et cela provoque en moi beaucoup d’admiration et de respect. J’ai toujours été convaincu que les fraternités laïques dominicaines apportent beaucoup à l’Ordre, comme à l’Église.

La Voix des Frats Février 2018