Vatican II, un souffle nouveau pour les laïcs

Je veux ouvrir les fenêtres de l’Église, afin que nous puissions voir ce qui se passe dehors, et que le monde puisse voir ce qui se passe chez nous.

C’est le cardinal Etchegaray, un des grands témoins du Concile, qui rapporte ces propos de Jean XXIII, et ceux de Paul VI qui déclare à la fin des quatre sessions conciliaires : « Le Concile a mis tout à la fois en évidence et à l’épreuve la vitalité de l’Église »

Oui les fenêtres ont bien été grandes ouvertes et le vent de l’Esprit s’y est engouffré. Pour les laïcs qui, sans doute n’ont pas attendu Vatican II pour prendre conscience de leur mission de baptisés au service de la Parole de Dieu, il y a bien eu un souffle nouveau, même si ce n’est pas sans à-coups.

Le Concile a, en effet, permis à l’Église de se redécouvrir comme mystère de l’amour de Dieu pour l’humanité. Son visage est celui du Peuple de Dieu, en pèlerinage dans l’histoire, à qui Dieu transmet sa vie. Elle est envoyée annoncer l’Évangile, annonce qui concerne tous les chrétiens sans exception

 

Constitution sur l’Église Lumen gentium, 1964, où il est affirmé que le baptême ouvre chaque chrétien à participer à la mission de l’Eglise selon son état et ses capacités :

31 – « La vocation propre des laïcs consiste à chercher le règne de Dieu à travers la gérance des choses temporelles qu’ils ordonnent selon Dieu. Ils vivent au milieu du siècle, engagés dans les divers devoirs et ouvrages du monde, dans les conditions ordinaires de la vie familiale et sociale, dont leur existence est comme tissée. A cette place, ils sont appelés par Dieu pour travailler comme du dedans à la sanctification du monde, à la façon d’un ferment, en exerçant leurs propres charges sous la conduite de l’esprit évangélique, et pour manifester le Christ aux autres avant tout par le témoignage de leur vie, rayonnant de foi, d’espérance et de charité. Il s’agit d’une coopération à l’œuvre de Dieu qui éclaire et oriente les réalités temporelles auxquelles ils sont étroitement unis. »

33 – « L’apostolat des laïcs est une participation à la mission salutaire de l’Église. […] Ils sont appelés tout spécialement à assurer la présence et l’action de l’Église dans les lieux et les circonstances où elle ne peut devenir autrement que par eux le sel de la terre. Ainsi, tout laïc, en vertu des dons qui lui ont été faits, constitue un témoin et en même temps un instrument vivant de la mission de l’Église elle-même. […] À tous les laïcs, par conséquent, incombe la noble charge de travailler à ce que le dessein divin de salut parvienne de plus en plus à tous les hommes de tous les temps et de toute la terre. La voie doit donc leur être ouverte de toutes parts pour que, selon leurs forces et selon les nécessités des temps, ils puissent activement participer, eux aussi, à l’œuvre de salut qui est celle de l’Église. »

Exhortation apostolique Christifideles laici, 1988, où Jean-Paul II confirme l’appel de Vatican II à la participation des laïcs :

35 – « L’Église doit faire aujourd’hui un grand pas en avant dans l’évangélisation […] Le rôle tenu par les laïcs dans ce processus y est présenté comme irremplaçable. L’invitation du Christ : « Allez, vous aussi, à la vigne » doit être comprise par un nombre toujours grandissant de fidèles laïcs – hommes et femmes – comme un appel clair à assumer leur propre part de responsabilité dans la vie et la mission de l’Église. »

D’après un article de Catherine Masson

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