Même les bourreaux ont une âme

Maïti Girtanner, la force du pardon

Maïti Girtanner est disparue en 2014 à 92 ans, laissant le témoignage d’une vie guidée par le courage et le désir fou du pardon. Quand débute la Seconde Guerre mondiale, elle a 17 ans et est promise à une grande carrière de pianiste. Elle entre dans la Résistance et est arrêtée par la Gestapo en 1943, puis torturée par un médecin nazi et laissée pour morte, son système nerveux complètement détruit. Quarante ans plus tard, elle accepte de rencontrer son bourreau et de lui pardonner.

De la vie de Maïti Girtanner, on ne retient souvent que l’épisode le plus célèbre : ce jour de 1984 où l’ancienne résistante de la Seconde Guerre mondiale put, dans sa vieillesse, rencontrer ce médecin nazi qui avait été son bourreau, et lui accorder son pardon. Geste héroïque qui touche par sa grandeur d’âme.

Mais n’est-ce pas ignorer qu’un tel geste fut en réalité préparé par toute une existence ? Toute la vie de Maïti Girtanner témoigne de son amour de l’Homme et d’un humble courage. « En regardant mon existence, je compris qu’une vie ne se mesurait pas aux projets que l’on se fixe ou aux idées que l’on se fait de soi-même, mais à la manière avec laquelle on fait face aux circonstances qui nous sont imposées« .

Sa vie ne fut sans doute pas celle dont elle avait rêvée, mais celle qu’elle sut, avec ses qualités de cœur, accomplir pleinement. En cela elle est inspirante pour chacun de nous.

Même les bourreaux ont une âme

Maïté Girtaner (1922-2014), avec Guillaume Tabard

Editions de la Loupe / CLD Editions – 2006

Voir aussi une interview très intéressante sur le pardon :

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