Retour des Estivales

« Mes Estivales en deux mots »

En cette fin du mois d’août 2016, aller aux « Estivales » exigeait de ma part un départ en « terres inconnues », heureusement non hostiles comme elles pouvaient l’être au temps des Albigeois.

Fanjeaux ! Ce mot avait tant résonné dans ma vie dominicaine. Qu’allais-je y découvrir ?

Ce fut d’abord ce paysage du Lauragais, jauni par un été trop chaud et aussi par ses champs de tournesol à perte de vue.

En direction du Sud, dans un paysage adouci par la courbe tendre des collines, la cité médiévale de  Fanjeaux, sur une butte exposée au vent frais, d’où se devine  vers l’Est  le monastère de Prouilhe rénové par Lacordaire et la Vicomtesse Jurien en 1865 sur les lieux de fondation des moniales par Dominique en 1207.

Prouilhe, son monastère et son église Notre Dame du Rosaire, « une des plus belles du Midi de la France» selon le Maître de L’Ordre qui visita le chantier en 1893. Les péripéties de l’histoire ont laissé aujourd’hui cet édifice inachevé.  J’ai aimé ses vastes dimensions, même sa couleur grise et ses murs dépouillés.

Il y eut aussi une visite rapide du centre ville de Mirepoix à la nuit tombée pour un dîner entre laïcs dominicains et surtout une ballade le long de la Garonne dans la « ville rose », sa place du Capitole son église des Jacobins sans oublier la maison Seilhan avec pour guide la lumineuse sœur Claire sémillante et court vêtue. Très jolie.

Une cinquantaine de « laïcs » pour beaucoup inconnus participaient à ces Estivales, de nombreux couples aussi. Beaucoup seront la relève de demain et leur enthousiasme et leur gaîté augurent un bel avenir pour les fraternités.

Le frère Renaud de la province de Toulouse nous a reçus dans la maison de Dominique à Fanjeaux, a récapitulé en termes amoureux la trajectoire et l’esprit du fondateur de l’Ordre nous le rendant si proche et chaleureux. L’eau goûtée au puits attenant à la maison fut une surprise rafraîchissante.

Le frère Réginald s’est révélé dans toute sa singularité ; un homme sans fard, sans faux semblants, « brut de décoffrage » quelquefois, mais authentique dans ses paroles et ses actes. Et c’était bien.

Quelques rencontres plus personnelles m’ont touchée. J’ai aimé discuter avec deux laïcs engagés dans des études de théologie et d’hébreu, j’ai apprécié l’aventure « dominicaine » que dans sa langue savoureuse m’a racontée, les yeux brillants, la jeune laïque portugaise.

Les quatre jours se sont envolés rapides comme le vent qui ébouriffait.

Au moment du départ les uns et les autres se sont égaillés si vite que j’ai à peine pu faire l’un ou l’autre adieu.

Je dis à tous un grand merci et au revoir.

Barbara C.

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