Pierre Claverie

Je reste à cause de Jésus parce que c’est lui qui souffre là,  à cause de rien d’autre et de personne d’autre.

Né à Alger en 1938, Pierre commence des études d’ingénieur à Grenoble en 1957. C’est le  début de la guerre d’Algérie, ce pays auquel il est viscéralement attaché, comme il l’est à sa famille et à sa foi. C’est le début de la guerre d’Algérie, pour lui une expérience déchirante, un chemin de courage pour demeurer dans la vérité et admettre la légitimité de l’indépendance. En 1958, il choisit la vie religieuse dans l’Ordre dominicain et suit une formation en France, au Saulchoir avec les Pères Congar et Chenu, à l’époque des tensions avec Rome.

Il est ordonné prêtre en 1967 et retrouve l’Algérie devenue indépendante, sans nostalgie pour l’Algérie française, sans intention prosélyte non plus. Simplement par solidarité, pour ne pas laisser les gens qu’il aime seuls dans les difficultés du nouveau régime.

Au diocèse d’Alger, travailleur acharné, féru d’islam et de langue arabe, Il devient responsable en 1973 du Centre d’étude diocésain de langue et de pastorale des Glycines, ouvert à tous. Il reconnait se trouver sur l’une des lignes de fractures du monde et souhaite réduire l’abîme qui le sépare de ses frères musulmans. Il aide les Algériens à s’approprier leur culture, à comprendre leurs racines, y compris religieuses, et entre en dialogue avec beaucoup d’entre eux. Il s’engage lui-même dans la voie radicale de l’ouverture et de la pauvreté du cœur, prélude à la rencontre de l’autre et au dialogue dans la différence et la confiance. Homme de prière et de terrain, libre et épris de vérité et de paix, c’est pour lui le moyen privilégié d’approcher Dieu.

Nommé évêque d’Oran en 1981, dans un pays en pleine guerre civile, il approfondit sa conception du dialogue avec l’Islam et poursuit un travail fraternel de réconciliation avec ses amis musulmans, dénonçant les violences. Ayant rallié le camp de ceux qui souffrent, il fait figure de résistant. Son refus de choisir entre le gouvernement antidémocratique et les groupes islamistes radicaux le rend indésirable.

Comme les moines de Tibhirine, il témoigne d’une vie offerte. Ayant choisi de rester et de ne pas se taire, il est assassiné 1er août 1996  avec son chauffeur musulman Mohamed sur le seuil de sa chapelle.

 

Ecoutons-le nous parler du sort des moines de Tibhirine : vidéo 1996

 

Bibliographie :

Pierre Claverie, Petit Traité de la rencontre et du dialogue, CERF 2004.

Pierre Claverie, Humanité plurielle, CERF 2008.

Pierre Claverie, Homélie de Prouilhe, Prononcée à la Réunion Nationale de la « St. DO » (Troupe scoute d’Alger) le 23 Juin 1996 : Homélie de Prouilhe. Pierre Claverie juin 1996

Jean-Jacques Pérennès o.p., Pierre Claverie, Un Algérien par alliance, Cerf, 2000

Patrick Vincienne, Prier 15 jours avec Pierre Claverie, évêque d’Oran, martyr, Nouvelle Cité, 2011

Prier 15 jours avec Pierre Claverie, évêque d’Oran, martyr

 

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