La vérité est la devise des Prêcheurs.

Nul ne possède la vérité, chacun la recherche

Dominique prêchait mais n’a pas laissé d’écrits. Il marchait et battait la campagne, mais cela laisse peu de traces. Pourtant, sa fécondité spirituelle est indiscutable puisque son Ordre s’est répandu sur tous les continents et cela dure depuis 800 ans. Ce qu’il a laissé c’est une spiritualité, un esprit dont l’un des traits est la recherche de la vérité.

En effet, la prédication, c’est d’abord annoncer la Parole : « ta  parole est vérité » (Jn 17, 17).

Ensuite, Dieu est « la voie, la vérité et la vie » (Jn 14, 6). Chercher la vérité est l’une des façons de découvrir Dieu. Cela exige un effort de compréhension qui est le propre de l’étude, et un effort de sincérité que Dominique trouve dans la prière. Dominique aime la vérité, fruit d’un travail d’étude approfondi, intérieur, muri à la lumière de la foi et au contact de la vie des hommes. Contemplatif et actif, il confronte la Parole de Dieu aux situations qu’il rencontre, il discute avec tout le monde, il s’expose à la contradiction. Il y a chez lui une dimension de l’exigence intellectuelle du chercheur. En lui, « amour et vérité se rencontrent, justice et paix s’embrassent » (Psaume 85, 11).

Enfin, « la vérité fera de vous des hommes libres (Jn 8, 32) ». Dans sa quête d’absolu, Dominique n’a que le Christ comme modèle et dépasse ce que l’institution préconise, ce qu’on retrouve chez Thomas d’Aquin, chez les mystiques rhénans, chez les pères du désert et également chez des maîtres à penser d’autres religions. La vérité n’appartient à personne, pas même aux chrétiens. Et tous la recherchent.

Il faut attendre Vatican II pour admettre que « l’Église catholique ne rejette rien de ce qui est vrai et saint dans [les autres] religions. Elle considère avec un respect sincère ces manières d’agir et de vivre, ces règles et ces doctrines qui, quoiqu’elles diffèrent sous bien des rapports de ce qu’elle-même tient et propose, cependant reflètent souvent un rayon de la vérité qui illumine tous les hommes.

Et lorsque Pierre Claverie fait du dialogue et de la rencontre le cœur de sa démarche il énonce : « pas de dialogue sans vérité », « On ne possède pas Dieu. On ne possède pas la vérité et j’ai besoin de la vérité de l’autre »,  « j’accepte qu’il puisse détenir une part de vérité qui me manque et sans laquelle ma propre quête de vérité ne peut aboutir totalement ». Un souci d’authenticité qui refuse toute complaisance.

De quelle vérité s’agit-il ? C’est la vérité de la foi, la vérité de Dieu, une vérité dont on peut s’approcher comme d’un feu mais qui est proprement insaisissable et que jamais personne ne pourra s’approprier.

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