Témoignage d’un contemporain

Au service de l'Evangile, un homme de paix, de prière et de compassion

C’est le bienheureux Jourdain de Saxe, successeur direct de saint-Dominique qui nous le dit :

Il y avait en lui une très ferme égalité d’âme, sauf quand quelque misère en le troublant l’excitait à la compassion et à la miséricorde. Et parce que la joie du cœur rend joyeux le visage, l’équilibre serein de son être intérieur s’exprimait au-dehors par les manifestations de sa bonté et la gaieté de son visage.

Il conservait une telle constance dans les affaires qu’il avait jugé raisonnable devant Dieu d’accomplir, qu’il n’acceptait jamais, ou presque, de modifier une décision prononcée après mûre délibération. Mais puisque le témoignage de sa bonne conscience, comme on l’a rappelé, éclairait toujours d’une grande joie son visage, la lumière de sa face ne se perdait pas sur la terre.

Par cette joie, il acquérait facilement l’amour de tout le monde, il s’infiltrait sans peine, dès le premier regard, dans l’affection de tous. Il se manifestait partout comme un homme de l’Evangile, en parole et en acte. Durant le jour, nul ne se mêlait plus que lui à la société de ses frères ou de ses compagnons de route, nul n’était plus gai.

Il avait l’habitude de passer très souvent la nuit à l’église, au point qu’on ne lui connaissait que très rarement un lit fixé pour y dormir. Il priait donc pendant la nuit et prolongeai ses veilles de tout le temps qu’il pouvait arracher à la faiblesse de son corps.

Il accueillait tous les hommes dans le vaste sein de sa charité et puisqu’il aimait tout le monde, tout le monde l’aimait. Il s’était fait une loi personnelle de se réjouir avec les gens joyeux et de pleurer avec ceux qui pleurent… Un autre trait le rendait cher à tous : la simplicité de sa démarche ; jamais nul vestige de dissimulation ou de duplicité n’apparaissait dans ses paroles ni ses actions.

C’était un véritable amant de la pauvreté. Il usait de vêtements vils. Dans  la nourriture comme dans la boisson sa tempérance était extrême. Il évitait ce qui pouvait avoir quelque délicatesse et se contentait volontiers d’un simple plat.

(extraits du Libellus, n° 103 à 108)

Voir Libellus, Jourdain de Saxe : http://laics-dominicains.org/ressources/etude-et-formation/documents-de-travail/libellus-jourdain-de-saxe/

Share on Google+Share on FacebookEmail this to someonePrint this page